vendredi 30 mars 2007

Demain PARIS !!


Non, non, ANOTER ne vous livre pas en totale exlu les numéros de l'Euromillion. Même si on aurait pu, hein, vu qu'on est tous des poètes en connection constante avec les dieux et que parfois on les aide à choisir le pauvre hère qui touchera le pactole et ira se faire dorer la pillule.
Mais là non. Pas envie, en fait. Trop occupés !

Parce que... on y est, ayé !!! Demain matin, hop, tous les anotiens et anotiennes, dans le train stylos en mains, marque de l'oreiller sur la joue, à la conquête de Paris !!

On va visiter plein de choses (bon, ok, on va voir que des écrivains morts et enterrés, mais quand même !), on va traquer l'inspiration comme des sauvages une gazelle en liberté, et on va revenir les sacs blindés à ras bord de textes que la postérité étudiera avec gourmandise (et goût, cela va sans dire!).

Au programme : Père Lachaise, Panthéon, Maisons de Balzac et de Hugo (vous savez, les deux petits joueurs auxquels ANOTER a tout appris), musée de la vie romantique et musée des Lettres et Manuscrits.
On déposera aussi, naturellement, nos chefs d'oeuvre à la Bibliothèque Nationale, histoire que les chercheurs du futur ne viennent pas se perdent à Nancy et qu'ils aient tout sur place.

- Mais Séb, tu t'es endormi sur le clavier ou quoi ?
- Hein... heu... oui, je crois, tu vas rire j'ai rêvé qu'on étudiait nos textes dans le futur et qu'on avait tout appris à Babar et Gogo..; non, Balzac et Hugo !

Et demain, naturellement, frais et dispo dans le train !
ANOTER.
source image : http://fr.franceinns.com/ile-de-france/paris/

pour Elle


ombre passante

Une ombre a soufflé sur ton sourire
Et la chandelle de la vie a
vacillé comme un pont où dansa
le mistral en robe de saphir



Ton oeil où l'océan et se jette
et renaît où les anges se mirent
se ferme sans livrer de recette
et ta peau d'or claironne un soupir


ton pas sur l'herbe où l'air te fredonne
tend vers l'azur un bras conciliant
et mes yeux si tristes t'abandonnent
quand tu fuis lumineuse en rêvant

Séb.

jeudi 22 mars 2007

texte de Séb sur "Dire la ville"

source image : http://www.photos-depot.com/photo-jpg-841.htm

Le mur le long du trottoir : Tiens, la demoselle d'hier semble malheureuse. Celui qui l'accompagnait est passé tout à l'heure, il avait l'air normal pourtant.

Le bouleau : Arrête de t'occuper des affaires des autres, t'es lourd.

Le lampadaire : Moi, je ne vous saoûle pas avec tous les soutiens-gorges nouveaux que je vois chaque jour.

Le mur : On t'a pas allumé toi, alors mets-la en veilleuse.

Le lampadaire : Oh moi je disais ça... c'était pour éviter de me plaindre de cette SALOPERIE de clebs qui me PISSE ENCORE DESSUS !!!

Le bouleau : Je ne comprends pas qu'un mur puisse être si ouvert aux humains, qui ne servent à rien, et fermé à ses congénères objets.

Le mur : J'ai du respect pour les mains qui m'ont élevé, moi, Monsieur le Bouleau qui ne sert à rien non plus, soit dit en passant.

Le bouleau : Tu as dû être humain dans une autre vie.

Le lampadaire : Et moi roue de bagnolle, SALETE DE CHIEN !!

Le bouleau : Et moi dans la prochaine, je serai peut-être... bureau ou chaise, qui sait ?

Le mur : Pas de bol. Tu supporteras les culs et les coups de poings. Au moins, quand tu es mur, tu vis allongé de tout ton long, comme un géant fatigué. Alors que toi, là debout, avant de vivre une passion folle avec un sous-main ou une jupe froissée, tu prends racine et le vent menace de te couper en deux. Sans parler des bestioles qui te rongent !

La vitrine : C'est dingue le nombre de mochétés qui viennent s'admirer en moi. Je vais faire la grève des reflets. Ou simplement refléter les bonnasses.

Le lampadaire : Toujours aussi sympa ce jeune homme.

Le mur : Oh ça, c'est la nouvelle génération, elle ne respecte plus rien. L'autre jour...

Tous les autres : ON SAIT !!

Le mur : Ah ? Je vous ai racontés ?

Le bouleau : Oui, un marteau s'est échappé de sa caisse à outils, parce qu'il s'était pris le bec avec une famille de clous et il n'était pas trop bien ce jour-là à cause d'une rupture récente avec un manche - une histoire à la con, en plus - et il est venu se défouler sur toi quand le manoeuvre l'a balancé de tristesse et de rage. C'est bon, tu t'es assez plaint depuis une semaine !

La vitrine : Oui, faut renouveller ses rengaines. C'est ce que je répète aux vendeuses, mais elles ne comprennent rien, ces connes.

Le trottoir : AÏE !!!!

Le lampadaire : Tiens, il parle, lui ?

Le mur : Faut croire. Je l'avais jamais entendu. Ses cris sont toujours étouffés par les bottes, les baskets, les talons-aiguilles, voire les moquassins... Bin qu'est-ce qui se passe l'ami ?

Le trottoir : Y se passe que mon goudron est un train de chauffer !! ça tremble sous moi !

La vitrine : Oh bon dieu oui ! Je sens les vibrations ! Je me fends !

Le mur : Faut que je tienne ! Je ne veux pas mourir si jeune !

Le bouleau : Oh mes racines ! Vous frétillez, mais tenez bon !

500 ans plus tard, même endroit :

Le Guide : C'est donc ici qu'il y eut deux éruptions du Vésuve, une en l'an 79 de notre ère et l'autre, dont vous voyez ici les vestiges, il y a 500 ans... Cette cité, à cette époque, croyait dominer le monde, puis en quelques minutes, hop, plus rien... Les cendres ont tout recouvert, comme en l'an 79, et nous pouvons aujourd'hui découvrir ce que fut la civilation de nos ancêtres; c'est à dire, pas grand chose... Espérons que nos villes auront quelque chose à proposer aux générations futures...

Séb.

cadavres exquis


source image : http://www.hammerfonts.com/normal/article.php3?id_article=27

Les mamelles poilues des immeubles dégainent des baisers
Mais l'heure n'était plus aux palabres : BAATAAAAIIILLE !!
moi pas- pourquoi pas toi

moi oui - pourquoi pas lui

moi non - pourquoi non ?

Mais elle pendait au bout de ses yeux, la terrible grille ensanglantée

C'était terminé, plus de faim ni de soif, seule l'envie de dormir...


Quand tes yeux fleurissent comme un volcan,
J'avais une telle migraine que j'avais l'impression que mon cerveau allait s'échapper par mes narines
Et elle extirpa d'un regard mon coeur meurtri

Tu m'en voulais de chanter ça
un truc mielleux, un truc pour deux comme t'en veux pas
Mais alors, dans la nuit noire surgit une espèce de... comment dire ?

ANOTER.

texte de GOTAD sur le thème "dire la ville"


(une foule est assise dans un autobus. Une femme perdue dans cette foule silencieuse prend soudainement la parole)

Armelle : Mon nom est Armelle Dugenou, dite « La Ville ». Vous vous demandez peut-être pourquoi ce surnom étrange… Eh bien voilà : (elle se lève de sa chaise et clame très fort) LA VILLE ! (elle se rassied) Voilà… Je dis « la ville ». C’est con, hein ?

La foule (chaque membre, alternativement) : Mais enfin… Qu’est-ce qui lui prend ? Elle a dit quoi ? Faites-la enfermer ! J’ai pas entendu. Vous n’y pensez pas ! Jamais je n’ai entendu une telle stupidité. Ce qu’il ne faut pas entendre… Moi j’ai beaucoup aimé, ça sonnait bien ! Bis !

Armelle : Les réactions sont très variées, d’une fois sur l’autre… C’est toujours intéressant à observer. Bon, des fois, ça tourne mal, hein : l’autre fois, un type n’a pas supporté, et s’est senti obligé de me filer un coup de poing au visage. La fois d’avant, ça a déclenché une crise chez un épileptique. La plupart du temps, les gens ne comprennent pas : ils me regardent en souriant bêtement, ils ont l’air d’attendre la suite… Ils s’attendent sûrement à un spectacle de rue, ou à un discours philosophique sur l’esprit de la ville, à la mode Grèce antique. Ou bien ils croient que leurs oreilles ou ma bouche ont fait défaut, que j’ai toussé bizarrement, ou que je me suis étranglée alors que j’allais leur demander un renseignement. Ils me prennent pour une folle, ou bien croient que je me moque d’eux, que j’ai eu cette idée pour évacuer mon stress après une journée difficile… Fabulations que tous ces pronostics hasardeux : je dis « la ville », rien de plus ni de moins. Je me complais dans cette simple énonciation dépourvue de sens, d’objectif autre que dire la ville. Voyez plutôt : (se penche vers une femme poussant un landau et rugit) LA VILLE ! (la femme sursaute, s’enfuit avec son landau en jetant des regards effrayés derrière son épaule)

Homme 1 : Madame, c’est la seconde fois que j’assiste à votre… (sourit) performance, et je dois vous dire, j’aime beaucoup ce que vous faites !

Homme 2 : Mademoiselle, c’était tout bonnement… époustouflant ! Je dirige une compagnie de théâtre, et le fait est que j’aimerais beaucoup travailler avec vous, afin d’exploiter vos talents… (sourit) originaux. Voici ma carte ; réfléchissez-y, et appelez-moi !

Armelle : Voilà… Des fois, ça se passe comme ça. Je ne sais pas trop ce que je dois en penser. Peut-être que je devrais arrêter de dire « la ville »… Un jour.

Homme 3 : (déboule sur la scène, le regard fou, et hurle) LES CCCAROTTES SONT CUITTTTES !!!

Armelle (une larme à l’œil) : Mon… Mon héros !

Voix off : Ils vécurent relativement heureux, et eurent beaucoup, beaucoup d’enfants très, très bavards.

GOTAD.

mardi 13 mars 2007

Chanson pour Babou (même à l'autre bout de l'Europe)


Signaux d'Amour

On t’envoie des signaux d’amour
Mais tu ne les vois pas
Me dit une petite voix
Dans un bar où l’on court

Des signaux venus de l’autre monde
J’en reçois chaque nuit
Ils sont des milliers en ronde
A me poster leurs colis


Parle aux vivants de nous
De nos histoires de notre solitude
Sans qu’ils te prennent pour un fou
Tu es medium nous la multitude


J’écoute et je transcris
Comme un scribe sur le Nil
Les plaintes de ces proscrits
Et tout en moi s’annihile


Mais ces signaux d’amour
Quelque soit la messagère
Restent pour moi toujours
Le plus doux des mystères


Et la foule en traînée compacte
Egrène ses projets
De soirées ou de vie plate
Et j’observe muet


Ces regards où sans doute
Quelques mots d’amour
En perdition ou en déroute
Siègent orphelins sans retour


Car leurs signaux d’amour
Quelque soit la messagère
Restent pour moi toujours
Le plus doux des mystères


Je ne sais pas les filles
Essayez les colombes
Pour peut-être une nuit
Me faire quitter les ombres


J’imagine qu’un sortilège
Est sorti d’une bouche aux yeux bleus
Dans une ancienne vie faite de privilèges
Car je vous le dis au fond des yeux


Tous ces signaux d’amour
Quelque soit votre messagère
Restent pour moi toujours
Le plus doux des mystères


Alors comme un bandit
Qui fuit sur les routes
Je passe mes nuits
A rêver de vous toutes


Nuit du 7 au 8 mars 2007, pour Barbara.
Séb.

lundi 12 mars 2007

texte de Séb qui entend ce que pensent les autres... argh !!!

Au début, je demandais aux gens de répéter, parce que, généralement, j'avais cru entendre un jugement négatif à mon sujet. Celui qui revenait le plus souvent : Qu'est-ce qu'il est gros, ce petit !
Mais comme on s'étonnait et me jurait n'avoir rien dit, très vite, vers 5-6 ans peut-être, j'appris à vivre avec ce que j'appelle ma "seconde ouïe".

A l'âge adulte, naturellement, c'est devenu un jeu d'enfant pour séduire et faire jouir. Mon carnet d'adresses et de rendez-vous est plein. Je pourrais même en vivre, je pense. Mais non. Mon métier de carrossier me suffit amplement ; au moins les caisses jactent moins que les gonz. Et elles ne papottent pas en silence non plus - le bonheur.

J'ai très vite compris que je pouvais tirer profit de ce don de la nature, comme la fois où j'ai demandé une augmentation à mon patron et que lui pensait à sa prochaine liquidation judiciaire dont personne n'avait entendu parler... ou penser. Je lui remis donc ma lettre de démission et j'ai pu signaler à l'employeur suivant que j'étais capable de voir quand une boîte allait mal et que je pourrais, à plus ou moins long terme, le conseiller.

Mais cette seconde ouïe me sert surtout à parler avec ma femme - enfin, quand je dis ma femme, je veux dire celle avec laquelle j'ai fait des gosses, pas celles avec qui je passe des moments sympas - et à éviter qu'on se prenne la tête pour rien (comme c'est toujours le cas, au final, qu'on parle de la couleur des rideaux ou qu'on lance un bon vieux débat sur le mélangisme). Parfois, paradoxalement, je dois faire exprès de trouver des sujets de dispute, histoire qu'elle ne se doute de rien, et qu'elle continue à me considérer comme un mec normal, c'est-à-dire totalement immature, incohérent, et qu'elle devra couver jusqu'à la fin comme ses propres mômes. Moi, ça me va.


Avec le temps, j'ai même appris à domestiquer ces antennes inivisbles. Je m'en sers quand bon me semble. Je les active quand le besoin ou l'envie s'en fait sentir, par simple désir de le faire. Je n'ai parlé à aucun des psys que les profs et les parents, à l'adolescence, m'ont obligé à aller voir parce qu'ils s'inquiétaient de mon "extrême sensibilité" aux choses. Tu m'étonnes. Ma mère attendait ces rendez-vous, quand c'était elle qui me conduisait, pour aller picoler au bar du coin de la rue, et mon, père, quand c'était son tour, allait rejoindre sa maîtresse totalement docile. Bref, ces psys n'ont jamais rien relevé de particulier chez moi, même pas que je jouais avec eux une partie d'échecs dont ils sortaient toujours mats sans avoir eu conscience de s'être assis devant l'échiquier. Je connus très vite leurs raisonnements pré-conçus, et même leur vie privée aussi triste, souvent, que celles de leurs patients.
Du reste, ils auraient pu lire moult et moult livres qui, depuis que l'Homme a troqué ses plumes contre une seule à tremper dans un encrier, qui présentent, parfois très clairement, ces capacités cognitives si rares. Mais non, ils ne se sont doutés de rien.
J'ai essayé de trouver sur l'Internet des personnes comme moi mais entre les fous, les mythos et les petits malins, j'ai conclu que j'étais le seul dans ce cas. Peut-être un homme par siècle. Moi. Le bol. Un carrossier sans rien de particulier, si ce n'est une vie adultérine qui confine, de plus en plus, à la simple routine.
Récemment, j'ai eu un accident de voiture, parce que, pour la première fois, j'étais parvenu, en me concentrant très fort, à entendre ce que pensait l'homme politique qui passait à ce moment à l'antenne. D'habitude, au téléphone, sur Internet, à la télé ou à la radio, je n'entends rien de plus que ma femme. Je dois être en présence de l'autre. Mais cette fois non. Je me souviens parfaitement du choc que j'ai ressenti en entendant penser cet homme-là, mais plus du contenu. Car à ce moment-là, je percutais un camion et plongeais dans le coma.
Aujourd'hui, un mois plus tard, nous sommes à quelques jours de l'élection et je suis incapable de me souvenir de ce que j'ai entendu, ni de le réentendre car mon don... a disparu.
Et si je devais servir à quelque chose dans ce monde ? Pour cela, il va me falloir retrouver ces antennes et, le cas échéant, parvenir à empêcher des drames...

Séb.