Affichage des articles dont le libellé est poème. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est poème. Afficher tous les articles

mardi 8 mai 2007




MONDE






source image : (http://www.pavoisement.fr/drapeaux_pavillons_provinces_monde.htm)


J'habite un monde qui n'existe pas
ses murs sont de l'air
ses sols des gouffres
et ses rêves des regrets

J'y marche et je coule
comme un bateau dans des ciels
sans nuages pour prendre appui
j'attends - comme un mort - mais quoi


Je suis seul
personne ne voit personne
Chacun ignore chacun
et la terre qui tourne - toujours - quelle conne
ferait mieux de plier bagages

J'habite un monde qui n'existe pas
ses murs sont de l'air
ses sols des gouffres
et ses rêves des regrets

Quand la cloche sonne
rentrent les brebis
tombe la pluie et
se perd la poésie

zéro en imagination pour ce monde
Fermé comme un chiffon sec
prude comme un cannibale
et les heures qui s'enfuient

J'habite notre monde qui existe
ses murs sont de l'air
ses sols des gouffres
et ses rêves des regrets




Séb, 08 mai 2007

jeudi 26 avril 2007

postérité

source image : http://bdl.unige.ch/batlivre/activite/2005-06/lancement/p_lancement0506.htm

Alphonse Allais disait : "Je préfère passer à la Poste hériter plutôt qu'à la postérité."
Moi, je veux les deux.


Oui ma descendance inconnue
Tends le bras ouvre la main
Pose l'index ici
Sur ces pages flétries coulent mes mots

Ceux du patriarche d'un siècle lointain
Que la houle disperse
Pour lit un cénotaphe
Pour chambre un livre


Oui ma descendance incongrue
Devenue cyclope myope
Depuis longtemps déjà tripède unijambiste
Ton coeur est pareil au mien

Oh tes larmes irriguent une forêt
Qui de mon temps était bosquet
Et l'aube d'hier sous la pluie d'été
Salue ta vesprée d'un soleil d'hiver.


BU Lettres, Nancy, 25 avril 2007, en regardant une demoiselle chercher un livre.

Séb.

lundi 16 avril 2007

poème pour Rémi

Bataille


tes mânes libérés de leurs tombeaux de suie
promenant sur mes pieds leurs complaintes brûlées
de clairs capharnaüms en palais sous la pluie
égrènent aux foulées leurs images brouillées


c’est la date abhorrée qui ploie ses voiles noires
sur l’océan perdu de nos rêves d’enfants
c’est la date enlacée aux murmures des soirs
sur l’oreiller noué de mes larmes d’antan


devenu ce marin cet aviateur des mers
qui vole ton image aux vagues infernales
je poursuis cette Errance en Robin ou Corsaire
sur ma bicoque neuve en vue d’Avril fatal


la voile noire ornée du vingt-cinq ennemi
soudain paraît et rit de mon esquif roulant
je me nomme Amiral et lance mes torpilles –
le vingt-six lumineux dresse un mât triomphant

et je ris


A Rémi, mon meilleur ami, décédé le 25 avril 1999 à 16 ans et demi.

Ce poème a reçu en 2003 le 3ème Prix Universitaire National de la Poésie, décerné à Limoges.

Sébastien.

vendredi 30 mars 2007

pour Elle


ombre passante

Une ombre a soufflé sur ton sourire
Et la chandelle de la vie a
vacillé comme un pont où dansa
le mistral en robe de saphir



Ton oeil où l'océan et se jette
et renaît où les anges se mirent
se ferme sans livrer de recette
et ta peau d'or claironne un soupir


ton pas sur l'herbe où l'air te fredonne
tend vers l'azur un bras conciliant
et mes yeux si tristes t'abandonnent
quand tu fuis lumineuse en rêvant

Séb.

dimanche 4 février 2007

vie vue de discothèque


Tu vois ce soir ma vie
C’est un Everest sans neige
Ça n’a aucun sens


Pourtant c’est là
Une masse triste sans forme
Et qui vogue et qui va et qui coule
Un iceberg sans glace


Le sel est absent
La vapeur dérape
Piste sans danseurs


Alors je t’appelle
Pas un taxi mon coquelicot
Je te chante à remue tête
Je te souffle à tue méninges


Tu passes et résistes
Comme une amante repue
Qui lasse oblitère un baiser


Je t’imagine cantatrice des âmes
Perdues alanguies sous les mers
Et tout en moi fredonne ou frelate


Tu vois ce soir langsam
Je t’ai cherchée
Un peu partout dans ce ciel de briques
Et les bocks en mitaines soupiraient


Un nuage annonçait ta venue
Irréductible et imminente
Je le soufflais rebelle
Et tes jambes me boassaient


Ou je me détournais du zinc
Aquoibonniste
Quand tout autour dansait et riait


Tous avaient leur neige
L’écume aux lèvres d’épines
Le front large
Et leurs bras t’assemblaient


Je me suis levé
Eunuque sans troupeau
Et je t’ai dessinée
Dans cette tête sans flambeaux

3 février 2007, en sortant de boîte. 5h38.


source image : http://perso.orange.fr/remi.le.barde/pouettes/miroir.html

Séb.

jeudi 1 février 2007

superbe


Voici mon poème préféré... Ptet un peu niais, un peu facile, je ne sais pas... mais le plus beau chant d'amour perdu. ça a été repris en chanson par Julien Clerc.

Les séparés (N'écris pas...)



N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.
N'écris pas !



Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
(Recueil : Poésies inédites)

source image :
www.flickr.com/photos/43057840@N00/page8/.
Séb.

jeudi 18 janvier 2007

l'aurevoir à la fac



Tu sais, c'était presque un accident, je te jure
C'est sorti comme ça, pas besoin de discorde.
Les mots, tu sais, c'est comme de la confiture :
On en met tout partout, et parfois ça déborde.

Alors oui, c'est navrant, quand après tant d'années,
Hop, sans crier je viens gare ou au loup au feu,
Tout s'effondre sans mot tel sous terre un os creux.
Le présent a style rengainé le passé.

Donc oui, aujourd'hui dans ma bouche tu vécus
A l'imparfait. J'allais par tes escaliers sales
Quêtant sans trop guetter où tu cachais ma salle.
Ce serait comme hier, comme demain : sans plus.

Et puis non. J'ai poussé pourtant ta fière porte -
J'ai même salué tes gens de toutes sortes :
Les acharnés, le prof, les brebis, les branleurs.
Et l'évidence en moi a fondu mes erreurs.

Jamais, m'a-t-elle dit, jamais tu ne seras
ça. Tu deviendrais fou à parler dans le vide
A la foule muette aussi gaie qu'un trépas !
Non, non ! Fuis, cours, et loin ! Reste de tout avide !

Las je me suis assis, et je t'ai regardée
Comme une amante à qui l'on ne promettait rien
Et qui subitement réclame d'être aimée.
Le temps du jeu s'achève où naît celui du pain.

Bientôt, je partirai par les siphons étroits
D'un pays moribond où au creux des batailles
Je dessinerai seul les rivages canailles
Des mondes à venir où vivre en homme droit.

Je t'espérais plus noble et plus ouverte à tout,
Je te rêvais femelle assoiffée de savoirs,
Je te trouvais toujours plus fermée à genoux,
Je te trouvais toujours plus sèche sans mémoire.

Je t'inventais des noms, je te désirais comme
Un cadeau de nos jours : je t'ai trouvée banale.
Je pensais m'éveiller, je fis sept ans un somme.
Et tout maintenant pour travailler est bancale.

Donc merci, chère fac, pour ce si beau gâchis.
J'ai fini de geler, je quitte le glacis.
Et l'avenir sans joie me tend ses tentacules :
Au mieux le RMI. Pire : un pont à crapules.


Séb, Nancy, le 17 janvier 2007


source image : http://www.sharedsite.com/hlm-de-renaud/bibliotheque/etudiant/index_01_mots_de_renaud.htm

samedi 30 décembre 2006

"Mais quel regard profond, inoubliable..." écrivait Baudelaire

source image : www.languefrancaise.net/galerie/oeuvre.php?id....


Vois saltimbanque irréductible
Vois-tu
Tes voix traînées d’or
Ou de souffre crisser comme
Notes sans instrument
Branches sans arbre


Vois-tu saltimbanque ivre
Des autres
Vois-tu tes pas
Ne pas rester –
Ensevelis sous les aulnes glacés


Ta paume accrochée de soupirs
Chante la vie les vies la mort
Et pleure vers le ciel insoumis
Ses glorieuses défaites


Saltimbanque sans public
Imposteur sans victime
Solitaire sans multitude
Tes bras absolus boivent les cauchemars
Abandonnés
Et les recrachent pathétiques


Tes lèvres gutturales
Animal au ventre creux
Hurlent la nuit le jour
Susurrent le jour la nuit
Et toujours disparaissent en vol


Les ciels te recueillent t’assemblent
En un firmament inutile
Tu deviens étoile filante
Tu deviens machine à rêves
Matrice à peuples –
Saltimbanque éternel.


Séb.

1er décembre 2006, en cours.

vendredi 29 décembre 2006

Par amour...


sources image :
http://cafeblog.blogsome.com/

L'Amoureuse abandonnée


Les cheveux gondolés par la pluie de minuit,
La jeune fille allait, sur le cœur une rose.
Son pas triste et léger sur l’herbe où l’air se pose
Fit briller le lichen sur ces statues de suie.


La Lune en silence s’enfuyait et pleurait,
Assombrissant l'enfant et le cimetière.
De sa peau brune et pâle elle embrassait les bières.
Au loin, le coq stagnait ; les nuages chantaient.


La jeune fille allait, la main fauve et l’œil sourd.
Les pans noirs de sa robe allongeaient des sourires
Froids et indifférents en un cortège lourd.
Les pierres à ses pieds égrenaient des soupirs.


La jeune fille allait. Enfin, elle arriva.
Le tombeau de Mausole avait moins de beautés.
Une fleur se fanait ; la nuit l’enrubanna.
Là dormait le plus doux des plus doux des aimés.


L’amoureuse accroupie dessina sur le marbre
Un bouquet lacrymal de roses et de larmes.
Silencieux tout autour, s’agenouillaient les arbres,
Comme des généraux faisant tomber leurs armes.


Elle embrassa la dalle et se signa muette.
Elle inspira son rêve et referma les yeux
Sur le monde et la nuit, comme un feu sur les Crêtes.
Sa tempe scintilla de rouge ; elle vit Dieu.



Sébastien Bonmarchabnd, juillet 2002