jeudi 1 mars 2007

texte de Séb sur la trame à singulariser


Le 11 août 1999, quelque part sur Terre, des destins se croisèrent, se déclarèrent, tandis que dans le ciel, le Soleil avait un rendez-vous hyper important avec la Lune.

C'était une journée pluvieuse, grise, comme au fond d'une chaussette en fin de journée. Pour la petite histoire, la Lune venait de décider de quitter le Soleil, marre de ne le voir jamais, disait-elle, toujours en contre-équipe, fais chier, je vais me maquer avec Mars ou Saturne, au moins ils me témoigneront peut-être un peu d'affection, eux. C'était le dernier rendez-vous, elle lui rendait ses affaires, ça allait être : salut, ça c'est à toi ou à la déchetterie, m'en fous, je ne te souhaite pas une bonne journée, je vais me coucher. Mais non. Le Soleil, bon gars, petit malin aussi, avait négocié, il l'avait complimentée - ses vallons, ses dunes, ses crevasses... - elle avait ri, les yeux cachés derrière un nuage, et avait dit : Bon allez, on ne va pas se quitter fâchés, ce serait dommage...
Bref, tout cela n'a aucun intérêt.

En revanche, l'intérêt de ce jour si particulier se situe dans deux boîtes aux lettres lorraines, celles de deux jeunes coeurs que le hasard avait fait se rencontrer. Ils s'étaient découverts, appréciés, puis avaient fini par être comme enchâssés - moralement du moins. L'un sans l'autre, ça n'avait aucun sens. Voilà, c'est ça, un peu comme la Lune et le Soleil.

Le jeune homme, fougueux rêveur devant l'éternel, avait donc écrit une lettre à la demoselle. Il lui y avouait son amour, penaud mais sûr de lui, et il lui promettait une union merveilleuse, sublime, bref un truc d'ado en manque, pour résumer. Elle la recevrait, cette promesse d'un amour sans pareil, le 11 août. Rien à voir avec l'eclipse, il l'avait seulement postée le 10.

Elle, de son côté, le 10, elle avait aussi posté une lettre au jeune homme, son meilleur et unique ami, avec lequel, disait-elle, rien d'autre n'était possible. Non, elle avait bien réfléchi (comme s'il était utile de réfléchir en amour !) et l'homme de sa vie, ce n'était pas lui. En fait.

Ils reçurent et lirent ces lettres simultanément, pendant que le Soleil négociait un rab amoureux avec la Lune.

Puis, après cette lecture surprise, la demoiselle fouilla encore une fois sa boîte aux lettres. Une seconde l'y attendait.
Elle se souvenait vaguement avoir écrit à un inconnu plutôt beau gosse, il y a une ou deux semaines. Eh bien, il lui avait répondu ! Oui, il désirait la rencontrer.

Quelques années plus tard, sous un beau soleil, ils se redirent oui, entourés de leurs deux petites filles et face à une homme en noir, tandis que le jeune homme fougueux, mais couillon sur ce coup-là, prenait en photo la mariée et retournait à ses chères études.

Séb.

source image : http://www.alussinan.org/

à vous

Hop un article pour rien

cadavre exquis

(Pour ces deux cadavres exquis, évidemment, les phrases précédentes étaient cachées, et la seule consigne était, si possible, d'écrire de temps en temps quelques connecteurs logiques)

Cadavre exquis n°1 :

Impossible d'avancer dans cette rue au vent trop violent

Mais quand la porte grinçait, le chat sursautait, la bougie oscillait et j'écrasai cette infâme chose

Il alla la retrouver comme chaque matin devant le puits

Dieu n'est qu'un enfant qui joue avec une fourmilière, j'en déduis donc que

et quelle violence elle mettait en déplumant le pou
let !

"Apprenez, maître Clodo, que le bonimenteur vit aux dépends de celui qui l'écoute."

Et la demoiselle aux yeux bleus partit furibonde.


Cadavre exquis n°2 :

Il m'apparut tout d'abord que la Terre était bleue comme un organe

Mais ses yeux de jeu ne suffisaient plus à transpercer son coeur

Je me sentais impuissant face à cette situation dont je n'étais plus maître alors

Elle s'en alla le coeur lourd vers la rivière

Tu as cru trouver les maux pour le blesser, détrompe-toi il t'attend derrière le buisson

Et c'est alors que l'ours violeur d'éléphants m'écrasa contre le train qui passait

Et me voilà au milieu de tout sans rien.

ANOTER.

source image : http://www.hku.hk/french/dcmScreen/lang3035/lang3035_surrealisme.htm

compte-rendu de l'atelier du dernier jour de février, soit le 28

Coucou les gens,

Hier soir, pour la rentrée, après une semaine de vacances passée à silloner les plus grandes librairies de l'Univers qui attendaient nos séances de dédicaces depuis parfois plusieurs siècles, nous avons retrouver, humblement, notre petite salounette toute mignonne de notre chère fac de Nancy.
Oui, ce fut un écart thermique non négligeable. Mais bon, ce sont les aléas d'une vie de bohème : une nuit, nous sommes le pépin super star de la Grande Pomme, adulés, nos prix Sullitzer et Goncourt sur le paletot, poursuivis par des hordes de jeunes lectrices américaines, en période d'ovulation - qui arrachent nos vêtements dans l'espoir de donner naissance à quelque génie littéraire - et le lendemain, hop, salle 118, Fac de lettres de Nancy.
Je ne cesserai jamais d'être surpris par la vie.

Bref, qu'y avons-nous fait dans cette salle hier ?
On a manqué d'originalité : on a écrit.
D'abord deux cadavres exquis pour se remettre en condition.


Puis la trame d'une histoire vraie a été donnée, et à chacun de la rendre comme bon lui semblait.
La trame était la suivante : le 11 aout 1999 (jour de ? jour de quoi, les enfants ? Jour de la dernière éclipse totale du soleil, 2 bons points à ceux qui suivent), ce jour-là donc, deux amis âgés de 17 ans, un gars et une fille, recevaient dans leur boîte aux lettres une lettre de l'autre. Ils avaient posté leur missive la veille, sans concertation.
La garçon lui avouait son amour, éternel, sublime, sincère, au-dessus de tout. En gros, à côté de cette déclaration, Roméo et Juliette, c'est un conte pour bordels en manque de hantaï.
La fille lui disait que non, en fait. Elle avait bien réfléchi et non. Ils seraient amis toute leur vie, ça oui, mais l'homme de sa vie, non, ce n'était pas lui.
Le même jour, elle recevait une lettre d'un inconnu qu'elle avait croisé dans la rue quelques semaines plus tôt, et auquel, comme toute bonne ado en manque de sensations fortes, elle avait écrit une lettre enflammée. Il lui répondait que oui, pas de problème, ils pouvaient se rencontrer
Et 7 ans après, entourés de leurs deux petites filles, ils se marriaient.
Et le jeune homme prenait les photos.

Voilà pour la trame.

Si ça tente quelqu'un d'écrire la-dessus, qu'il (ou qu'elle, les femmes aussi, après tout, savent écrire) envoie son texte à anoter54@yahoo.fr

ANOTER.

source image : http://www.infosurr.net/jeux/jouer.htm

jeudi 15 février 2007

texte de Séb sur l'atelier présidentiel

Nous sommes, ce matin, la risée du monde entier.

Mes chers compatriotes, je vous le demande, pouvions-nous simplement tomber plus bas ? Sur l'Internet, LA nouvelle a circulé plus rapidement encore que la lumière. De L'Ouzbékistan au Cambodge, on regaradait la même chaîne française via le câble. Les parodies (mais y avait-il besoin d'en ajouter une seconde à la première ?) se comptent déjà par milliers sur la Toile. Bien souvent, l'on ne comprenait rien au fond et la pantomine ridicule de notre nouveau "représentant" suffisait à activer jusqu'à saturation le téléphone arabe.

Nous sommes, ce matin, la risée du monde entier.

Lorsqu'un filet de bave fit son apparition et que le bonhomme dut se retenir de vomir, les yeux exhorbités et les paumes sur ses lèvres, en manquant tomber de sa caisse destinée à le mettre à hauteur de micro, il ne se trouva, à n'en pas douter, pas un esclave, pas un SDF, pas un terroriste en fuite, qui ne le vît et ouvrît, lui-aussi, de grands yeux, avant de libérer un éclat de rire planétaire.

Nous sommes, ce matin, la risée du monde entier.

Oui, mes chers compatriotes, je suis sans doute maso de retourner ainsi le couteau dans la plaie (d'où s'échappe plus de sky que de sang, du reste). Mais il en est désormais ainsi : le Français, aux yeux de l'Humanité même pas communiste, est aujourd'hui et pour longtemps associé à l'ivrognerie la plus crasse.

Mais bon... passons encore. Cela aurait été un drame, en effet, puis on en aurait ri. Il aurait fallu pour cela que le son fût coupé. Mais pensez-vous ! avec pareille audience, on se délecte de voir le pays se faire hara-kiri en direct !

Nous sommes, ce matin, la risée du monde entier.

Car les paroles auront un effet encore plus dévastateur que la pantomine. Ce matin, c'est officiel, plus aucun citoyen français, voire européein, ne croit en la politique.

Comment, en effet, y croire encore avec une telle première phrase de remerciements ?
"Je les ai tous niqués !" accompagné d'un revers de la main en direction d'une salle effarée.

Je sais, j'ai honte de répercuter cette parole, car je ne fais qu'agraver la situation, mais il faut être honnête, comme l'a si vite rappelé le nouvel élu : "On est dans une merde noire, les mecs !". Donc bon, un peu plus ou un peu moins...

Nous sommes, ce matin, la risée du monde entier.

Les partis opposés auraient pu en profiter. Cela aurait éviter le cataclysme dans lequel nous a plongés cette intervention. Oui, ils auraient pu. S'il n'avait pas déballé tout ce qu'il savait des magouilles des uns et des autes ! Ce matin, les démentis ne suffiront pas et après-demain les jusges feront la tournées des Grands Ducs...

Au moins, me direz-vous, il y a une bonne nouvelle : pour une fois la langue de bois a fourché. Mais le gouffre qu'elle a ouvert sous nos pieds est si effrayant qu'on la regretterait presque.

Bref, mes chers compatriotes, bienvenue dans l'enfer que l'alcool a mis à découvert !

Séb.

source image : http://eosyne.over-blog.com/

compte-rendu atelier de la St Valentin (snif)

Salut public,

C'est ANOTER qui te parle. Oui, je sais, pour toi cela constitue une émotion sans pareille, mais sois courageux, je sais que tu peux survivre à ce choc émotionnel.

Car voilà, c'est les vacances. Une semaine sans ANOTER. Cela va être effroyable, il faut te préparer à gratter aux murs, à refuser de t'alimenter, à pleurer sur les épaules de tes maîtresses délaissées... Car oui il en sera ainsi, il ne faut pas te leurrer. Tu vas souffrir de notre absence, public.

Mais pour alléger tes souffrances qu'aucune histoire d'amour, qu'aucune découverte scientifique, qu'aucu gain lotoesque, bref que rien, ne saurait simplement daigner faire bouger d'un seul putain de millimètre, ANOTER te propose deux sujets d'écriture qui vont, ptet bin, te faire marrer.

1) imagine le discours de la personne qui sera élue en mai prochain comme nouveau squatteur de l'Elysée (un gars ou une fille, on s'en fout, on est apolitiques). Jusque là ça va. Cette personne prononce son discours de remerciements, tout ça, tout ça... mais ELLE EST BLINDEE, complètement SEC, DEMONTEE, en un mot (non, en deux avec le tiret) ivre-morte.
Naturellement, ton texte, public inconsolable, peut ne pas se limiter à la simple allocution. Tu peux imaginer le fait relaté dans un manuel d'histoire dans 500 ans, tu peux voir cette scène à travers les yeux d'un enfant, écrire l'édito d'un journal du lendemain, imaginer les paroles des conseillers en coulisse, que sais-je....
Ce sujet est celui qui a été traité hier lors de l'atelier.

2) et comme cette semaine sans ANOTER sera a plus longue de ta vie, à côté la traversée du pont de la River Kwai était un jeu de dominos pour GI's en permission, nous te proposons un deuxième sujet d'écriture. Oui, St Valentin oblige, les violons sont de sortie, tout ça, tout ça...

Imagine simplement une mégà-scène de ménage, voire une scène de rupture. Avec le traîtement qui te fera le plus plaisir et qui sera le plus efficace contre ta mélancolie qui prendra fin... c'est quand la rentrée déjà ? Ah oui, le 26 février.

Allez, courage et écris bien !
ANOTER
source impage : www.deshaies-vacances.com/

jeudi 8 février 2007

compte-rendu atelier


Salut, hier c'était Tribunal !

Nous avons imaginé un monde ultra-totalitaro-sécuritaire où pour une pécadille (bousculer quelqu'un sans faire exprès dans le métro) mérite la mort.

Et nous avons écrit la plaidoirie et le réquisioire.
Au final, l'assemblée votait à main levée et l'accusé aura la tête tranchée car 2 groupes sur 3 ont vu l'avocat général être plus convainquant que l'avocat de la défense.

Voilà, si vous cherchiez une joute verbale pour vos longues soirées...

Et sinon, le voyage à Paris se prépare. Déplacement en mini-bus et hébergement chez l'habitant.
D'ailleurs, Emilien, Cyrielle et Mathieu, n'oubliez pas de me dire si vos potos son ok. Sachant qu'il y aura normalement Patou en plus et qu'il faudrait trouver une place supplémentaire...

Séb.
source image : http://cereales.lapin.org/index.php?number=94